Périménopause : ces premiers signaux qu'on met sur le compte du stress

Ce que le Dr Vanessa Hamoniaux, médecin fonctionnel, m'a expliqué dans L'Instant Innessence®.

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Vous dormez, et pourtant vous vous réveillez tendue.

Le soir, la tête refait la journée. Le matin, l'élan ne vient pas.

Vos règles arrivent un peu plus tôt qu'avant. Vous le remarquez à peine, parce qu'il y a le travail, la maison, les enfants.

Alors vous mettez tout ça sur le compte du stress. De la charge mentale. De la fatigue.

C'est exactement ce que j'ai fait. Jusqu'au jour où j'ai compris que mes cycles se raccourcissaient, et que ce que je vivais avait une explication biologique.

Pour en parler, j'ai reçu dans le podcast le Dr Vanessa Hamoniaux, médecin fonctionnel, spécialisée en hormonologie fonctionnelle. Nous accompagnons ensemble des femmes autour de la fertilité et de la périménopause. Et c'est elle qui me suit pour ma propre périménopause.

Ce qu'elle voit en consultation, ce sont des femmes épuisées par un parcours du combattant. Elles sentaient que quelque chose n'allait pas, et on leur a répondu que tout allait bien.

Son premier message : ce n'est pas dans votre tête.

Un mot pour tout ce qui entoure la ménopause

Périménopause, préménopause : les mots changent selon les sources, et c'est déjà une source de confusion.

Le Dr Hamoniaux a fait un choix simple. Elle garde « périménopause » pour tout ce qui entoure la ménopause : l'avant, le pendant, l'après. Elle parle de ménopause une fois que les règles ont cessé. Et elle prévient : dire « je suis ménopausée depuis ce mois-ci » est rarement possible. C'est un passage, pas une date.

Ce passage commence tôt. Selon elle, les premiers dérèglements hormonaux apparaissent 10 à 12 ans avant la ménopause, dont l'âge moyen se situe entre 50 et 55 ans. Et elle voit de plus en plus de femmes qui, dès 35 ans, en présentent déjà les premiers signes. Elle s'interroge sur le rôle de l'environnement, des perturbateurs endocriniens, des pesticides : « l'avenir va nous le dire ».

Le premier signal : un cycle qui raccourcit

Quand on pense périménopause, on imagine des cycles qui s'allongent, puis qui s'arrêtent.

Or, explique-t-elle, le premier changement est souvent l'inverse. Ce qui baisse en premier, c'est la progestérone, produite dans la seconde moitié du cycle, après l'ovulation. Le cycle se raccourcit, parfois jusqu'à 20 ou 21 jours.

C'est pour cette raison que tant de femmes ne font pas le lien : leurs règles reviennent plus vite, rien ne ressemble à ce qu'elles attendaient.

Moins de progestérone, c'est aussi moins de contrepoids aux œstrogènes. Le Dr Hamoniaux parle d'un excès d'œstrogènes « réel ou relatif ». D'où d'autres signaux possibles :

  • des règles plus longues, plus abondantes, parfois avec des caillots
  • un syndrome prémenstruel qui s'installe ou s'intensifie
  • des douleurs qui reviennent, à l'ovulation ou avant les règles
  • des seins douloureux, quelques jours avant les règles, puis une semaine, puis davantage
  • une sensation de gonflement, du visage, des jambes

Sur les seins, elle insiste : ce n'est pas normal et ce n'est pas à minimiser. Pour elle, c'est le signe d'œstrogènes que la progestérone ne contrebalance plus, et au long cours, un terrain qui favorise le cancer. C'est à faire prendre en charge.

Le soir, la tête ne décroche plus

La progestérone ne sert pas qu'au cycle. Le corps la transforme en une molécule qui agit sur le récepteur du GABA, le frein principal du cerveau. J'aime l'appeler « le bouton off » du système nerveux.

Quand elle baisse, le Dr Hamoniaux décrit ce que j'entends aussi au cabinet : on ne décroche plus le soir, la tête mouline, on refait le match de la journée. L'endormissement devient difficile. Et même après une nuit complète, on se réveille tendue.

Plus tard, quand les œstrogènes se dérèglent à leur tour, le sommeil se fragmente. Une femme qu'elle accompagne appelait ce réveil en pleine nuit, les yeux grands ouverts, « l'heure de la chouette ».

L'humeur, l'élan, la clarté

Les hormones agissent aussi sur les messagers du cerveau. Le Dr Hamoniaux décrit une chaîne qui se dégrade au fil de la journée. Le matin, la dopamine peine à venir : la motivation, l'envie de se lever, la concentration. Puis la clarté mentale se dérobe : « je ne sais plus ce que j'étais en train de faire ». Plus tard, la sérotonine, liée au moral, et la mélatonine, qui aide à dormir et qui en dépend.

Elle évoque aussi la thyroïde, qu'elle décrit comme très sensible à la baisse de progestérone. Quand elle ralentit, tout le métabolisme ralentit : fatigue malgré le sommeil, difficultés de concentration, prise de poids, moral en dents de scie. « Ça va, et une heure après, ça ne va plus. »

Ce que dit la recherche va dans ce sens. Dans une étude publiée en 2020 (Joffe et coll., The Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism), chez des femmes en périménopause qui avaient déjà des symptômes dépressifs, plus l'œstradiol variait, plus ces symptômes étaient marqués. Ce n'est pas seulement la baisse qui pèse. C'est l'instabilité.

Pourquoi on en parle si peu

Pour le Dr Hamoniaux, la santé des femmes est un sujet récent. Elle prend l'exemple d'une jeune fille qui a très mal pendant ses règles et à qui l'on répond par la pilule : « c'est prendre la télécommande et appuyer sur pause ». La gêne disparaît, la cause reste. Elle précise qu'elle ne s'oppose pas à la contraception : mieux vaut une contraception qui vous correspond qu'une grossesse non désirée.

Elle observe aussi que beaucoup de femmes passaient autrefois directement de la pilule à la ménopause, sans jamais sentir ce passage.

Sur le traitement hormonal, elle explique d'où vient la peur. Dans les années 80, des traitements à base d'hormones non bio-identiques ont été associés à des cancers, et tout traitement hormonal est devenu suspect. Elle distingue les hormones bio-identiques, dont la forme est exactement celle des nôtres : pour elle, elles apportent la protection que donnent nos propres hormones, pour les os, les muscles, le cœur et les vaisseaux, et même le cerveau. L'absence de traitement fait partie, selon elle, de la quarantaine de facteurs identifiés dans la maladie d'Alzheimer.

Elle regrette que si peu de gynécologues prescrivent de la progestérone en seconde partie de cycle dès les premiers signaux, au lieu d'attendre, comme le recommandent les règles actuelles qu'elle cite, une année complète sans règles.

Ce sont les propos et l'expérience du Dr Hamoniaux, médecin. Toute décision de traitement se prend avec votre médecin.

Ce qu'elle déconseille, et ce qu'elle propose

Face à la prise de poids, beaucoup de femmes réagissent seules : elles mangent moins, elles font plus de cardio. Pour le Dr Hamoniaux, c'est contre-productif. Le cerveau perçoit un manque et ralentit encore le métabolisme.

Elle propose plutôt :

  • plus de protéines, 1 à 1,2 g par kilo de poids selon elle, à commencer par le petit-déjeuner, plutôt que quelque chose de sucré ou rien du tout
  • des glucides réduits si l'on est peu active, sans les supprimer, et de bonnes huiles crues
  • de la musculation : « soulever du lourd », plutôt que des heures de tapis de course

Et pour savoir où l'on en est, une prise de sang au bon moment du cycle : au 3e ou 4e jour, puis environ une semaine après l'ovulation pour la progestérone.

Ce que fait le médecin, ce que je fais

Le Dr Hamoniaux le dit elle-même : elle travaille avec d'autres professionnels, et l'on peut déjà beaucoup avec les plantes, la respiration, le mouvement.

Voici comment nous nous partageons le travail.

Le médecin regarde l'axe hormonal et médical : les analyses, le traitement s'il y a lieu, les plantes qui soutiennent la progestérone, le suivi.

Je prends le relais sur tout le reste, une fois ce cadre posé. Le système nerveux, qui doit retrouver de la marge. Le souffle, pour apprendre au corps à redescendre. L'émotionnel, quand l'humeur bouge plus qu'avant. Et l'alimentation, que je travaille avec l'Ayurveda.

Ce que l'Ayurveda apporte à ce passage

L'Ayurveda ne remplace rien. Je l'utilise comme un miroir, pour lire votre terrain.

Il distingue votre constitution de naissance et votre état du moment. Être en équilibre, c'est réduire l'écart entre les deux.

Il lit le corps à travers trois grandes forces : le mouvement, la transformation, la cohésion. Et il propose une règle simple : ce qui se ressemble s'aggrave, l'opposé rééquilibre. Une femme dispersée a besoin d'ancrage, une femme qui brûle a besoin de douceur.

Dans la lecture ayurvédique, la période qui va du début de l'âge adulte à la quarantaine est portée par le feu de la transformation. Ce feu soutient la digestion, de la nourriture comme des émotions. Quand cette période se termine, avec la périménopause, ce qui tenait peut cesser de tenir. C'est la phrase que j'entends au cabinet : « je n'ai rien changé, mais ça ne passe plus ».

Concrètement, pas de régime ni de privation. Des routines du matin et du soir. Des repas adaptés à votre terrain et à votre moment du cycle. Et les protéines comme base de l'énergie, de l'humeur et des hormones : sur ce point, l'Ayurveda et le Dr Hamoniaux se rejoignent.

Et si ce n'était pas seulement les hormones ?

Certaines femmes se décrivent depuis toujours comme hypersensibles. Une journée chargée se paie le soir. Elles ont toujours tenu, et si bien que personne autour d'elles n'a rien remarqué, elles non plus.

Quand les hormones bougent, ce qui tenait peut cesser de tenir. Derrière cette sensibilité, il pourrait parfois y avoir un fonctionnement neuroatypique jamais identifié, un TDAH, un TSA ou un haut potentiel HPI, que des années de compensation auraient masqué.

Ce n'est qu'une hypothèse. Elle ne se tranche ni sur un article ni seule : le diagnostic relève du médecin. Mais si vous vous reconnaissez, la question mérite d'être posée. C'est ce que j'appelle la dette d'adaptation.

Par où commencer

Ce que vous pouvez faire seule. Pendant trois mois, notez votre sommeil le matin, votre humeur et votre énergie le soir, et le premier jour de vos règles. Trois mois posés côte à côte montrent ce qui revient, à peu près au même moment du cycle. Pour vous aider, j'ai créé un carnet offert : Le carnet des femmes qui ont toujours tenu.

Ce que vous ne pouvez pas faire seule. Relier entre eux des signaux qui semblent sans rapport. Le Dr Hamoniaux et moi disons la même chose : quand cela commence à peser sur votre quotidien, vos relations, votre patience avec vos enfants, c'est le moment de vous faire accompagner.

L'accompagnement. Je reçois au cabinet, à Paris 16, et en visio. La consultation.

La suite. L'épisode entier : Périménopause et santé mentale, avec le Dr Vanessa Hamoniaux. Et pour aller plus loin : Périménopause et ménopause.

Ces femmes fatiguées, irritables, qui ne se reconnaissent plus, ne sont pas en train de mal gérer. C'est leur corps qui parle.

Prenez soin de vous,

Amélie

Cet article ne remplace pas un avis médical.


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