Hypersensible ou anxieuse ? Ce que ces mots ne disent pas
Hypersensible, anxieuse, parfois control freak : ces mots disent ce que vous ressentez. Ils ne disent ni d'où viennent cette hypersensibilité et cette anxiété, ni pourquoi, en périménopause, autour de la quarantaine, ce que vous teniez si bien vous coûte autant. Et ils laissent souvent de côté une autre piste, à poser au conditionnel : un fonctionnement neuroatypique jamais identifié chez la femme adulte.
Un jour, quelqu'un a mis un mot sur ce que vous viviez.
Hypersensible. Ou anxieuse. Parfois les deux.
Et sur le moment, ça vous a fait du bien. Enfin un mot. Enfin quelque chose qui disait que vous n'inventiez rien. Peut-être même que vous avez lu des livres sur le sujet, et que vous vous y êtes reconnue à chaque page.
Et pourtant, quelque chose ne colle pas.
Le mot dit ce que vous ressentez. Il ne dit pas pourquoi vous rentrez d'un café avec votre meilleure amie sans plus aucune patience pour vos enfants.
Il ne dit pas pourquoi, depuis quelque temps, ce que vous teniez si bien vous coûte autant.
C'est de ce mot-là que je voudrais vous parler aujourd'hui. De ce qu'il dit de juste, et de tout ce qu'il ne dit pas.
Hypersensible, c'est ce que vous ressentez
Hypersensible n'est pas un fonctionnement. C'est ce que vous ressentez. Ce n'est pas la façon dont votre cerveau travaille, c'est ce que ça donne.
Le mot hypersensibilité est juste. Il décrit bien, et il a au moins le mérite d'exister. Il ne dit simplement pas d'où ça vient.
Anxiété, hypervigilance : ce n'est pas la cause
Au cabinet, je reçois des femmes qui vivent avec un niveau de vigilance qui ne redescend jamais complètement. Pas une crise, pas un épisode. Un fond, permanent, depuis toujours. Au point de ne même pas savoir à quoi ressemblerait la vie sans.
On appelle ça de l'anxiété, de l'hypervigilance. Du stress. Parfois du caractère.
Ce n'est pas la cause. C'est la facture.
Control freak, psychorigide : le troisième mot
Et il y a un troisième mot qu'on vous a sûrement servi. Le contrôle.
Vous anticipez tout. Vous vérifiez. Vous préparez. Et vous n'arrivez pas à faire autrement. On vous l'a dit, gentiment ou pas : que vous êtes control freak, que vous êtes un peu psychorigide.
Sauf que si vous ne préparez pas, si vous n'anticipez pas, ça ne tient pas. Et ça, vous le savez depuis toujours.
Ce n'est pas de la rigidité. C'est ce qu'il faut faire quand on ne peut pas compter sur ce sur quoi les autres comptent sans y penser.
Pourquoi le mot « neuroatypie » vous fait vous refermer
Jusqu'ici, vous vous êtes peut-être reconnue dans tout ce que je viens d'écrire.
Et si je mets ce mot-là dessus, il y a de bonnes chances que vous vous refermiez.
Parce que de ce mot, vous avez une image, et ce n'est pas vous. Un trouble. Un handicap. Quelque chose qui empêche.
Vous, vous êtes performante. Exigeante. On s'appuie sur vous. Vous tenez tout, et vous le tenez bien. Vous êtes peut-être même Madame Parfaite pour vos amies.
Alors hypersensible, ça va. C'est acceptable. Ça ne dérange personne, et surtout ça ne vous dérange pas vous.
C'est le mot poli. Il vous protège d'une chose que vous n'avez pas envie de regarder. Et il vous coûte les années pendant lesquelles vous auriez pu comprendre.
Neuroatypie : qu'est-ce que ça veut dire ?
Un cerveau qui fonctionne différemment, naturellement, depuis toujours. Ce n'est pas quelque chose qui arrive un jour, ni un état passager : c'est une façon de fonctionner, qui était là bien avant qu'on ne la remarque.
Sous ce mot, on range notamment le TDAH (trouble du déficit de l'attention, avec ou sans hyperactivité), le TSA (trouble du spectre de l'autisme, notamment sans déficience intellectuelle) et le HPI (haut potentiel intellectuel).
Ce n'est pas un défaut de caractère. C'est un fonctionnement, avec ses forces, et avec son coût.
Hypersensibilité et périménopause : pourquoi le mot ne suffit plus
Tant que vous pouviez payer, le mot suffisait. Vous n'aviez pas besoin d'explication, vous aviez besoin de tenir, et vous teniez.
Et puis, autour de la quarantaine, avec la périménopause, les hormones deviennent aléatoires. Ce qui lâche alors n'est pas seulement l'énergie. C'est le mot. Hypersensible n'est pas devenu faux. Il n'a simplement jamais expliqué ce que vous payiez.
Ce que la baisse des hormones fait à ce moment-là, le Dr Vanessa Hamoniaux l'explique dans Périménopause : ces premiers signaux qu'on met sur le compte du stress.
TDAH ou TSA chez la femme adulte : une hypothèse à poser
Une vigilance qui ne redescend jamais, un besoin de tout préparer pour que ça tienne, une fatigue qui suit chaque moment pourtant agréable : chez certaines femmes, ces signes pourraient raconter autre chose qu'un tempérament.
Derrière, il pourrait parfois y avoir un fonctionnement neuroatypique jamais identifié, un TDAH ou un TSA, que des années de compensation auraient rendu invisible. Ce n'est qu'une hypothèse, et elle ne se tranche ni sur un article ni seule : le diagnostic relève du médecin.
Pour aller plus loin : TDAH et TSA chez la femme adulte : pourquoi un diagnostic tardif ? et TDAH et périménopause : peut-il apparaître à l'âge adulte ?
Et après le mot, il y a tout le reste
C'est ce qui me tient le plus à cœur.
Des femmes qui ont enfin obtenu leur réponse me disent la même chose au cabinet. On leur a donné un mot, on leur a remis un document, et ça s'est arrêté là.
Elles sont reparties avec une étiquette, et rien d'autre. Personne derrière, au moment le plus crucial. Et souvent, elles le vivent très mal.
Or c'est exactement le début. Ce n'est pas la fin.
Ce que je fais, ce sont les deux.
L'exploration des fonctionnements neuroatypiques d'abord. Regarder ensemble, au même endroit, ce que vos rendez-vous ont toujours regardé séparément : votre fonctionnement, et ce que vos hormones en font. Et vous remettre un document que vous pouvez apporter à votre médecin.
Et ensuite la psychoéducation, qui est le vrai travail, et que je fais avec vous. Comprendre comment votre cerveau marche, pour arrêter de vous battre contre. Retrouver votre estime de vous, qui a pris des années de « tu es trop » et de « tu n'es pas assez ». Ne plus être submergée. Réorganiser ce qui doit l'être pour que votre vie vous coûte moins, sans avoir à la changer.
C'est là que tout se joue, et c'est précisément là qu'on se retrouve souvent seule.
Par où commencer
Une première porte, plus légère. Le carnet des femmes qui ont toujours tenu, que j'ai écrit cet été. Il ne vous dira pas ce que vous avez. Il vous aide à mettre des mots sur ce qui a changé, en moins de 10 minutes. Il est offert : Recevoir le carnet.
L'accompagnement. L'exploration des fonctionnements neuroatypiques, au cabinet à Paris 16 ou en visio.
La suite. Écouter le podcast L'Instant Innessence®.
Prenez soin de vous,
Amélie
Cet article ne remplace pas un avis médical.


