Tous les symptômes de la périménopause : comment les relier
Les cheveux qui tombent, la digestion qui change, les nuits hachées, l'humeur qui bascule, la mémoire qui flanche. Chaque morceau part chez un professionnel différent, et chacun a raison sur ce qu'il voit. Mais personne ne pose les morceaux côte à côte, pas même vous. En périménopause, c'est ce que je vois manquer le plus : une vue d'ensemble. Voici pourquoi les symptômes semblent n'avoir aucun lien, comment faire votre propre liste, et ce qu'on fait ensemble de cette liste, en consultation.
Pourquoi les symptômes semblent sans lien
Les femmes qui remplissent le carnet des femmes qui ont toujours tenu cochent rarement une seule case. Elles décrivent, dans la même réponse, la fatigue, le sommeil, la digestion, les cheveux, les douleurs, l'irritabilité, la mémoire. Une lectrice, à la question « Ce qui a changé, et depuis quand » : « Depuis 3 4 ans, fatigue, le manque d'énergie, les douleurs, les problèmes de digestion, l'irritabilité, la concentration et mémoire avec l'effet brouillard ».
Ces changements n'ont pas tous la même cause. Certains suivent les hormones, d'autres non, et c'est précisément ce qu'il faut démêler. Mais une chose explique que tant de choses bougent à la fois : l'œstradiol et la progestérone ne sont pas seulement des hormones des ovaires. Elles ont des récepteurs dans les régions du cerveau qui règlent l'humeur, la mémoire, le sommeil et la température (Barth et coll., 2015). Quand elles bougent, ce n'est pas une case qui change, ce sont plusieurs.
Pourquoi vous ne la voyez pas vous-même
Deux raisons, que je retrouve au cabinet.
- Vous racontez un morceau à la fois. À chaque rendez-vous, celui qui fait le plus mal ce jour-là. Le reste attend.
- Le stress est devenu votre normal. Quand on vit tendue depuis des années, on ne sait plus ce qui est habituel et ce qui ne l'est pas. On ne pense même pas à le dire.
Et quand on a toujours tenu, on répare chaque morceau seule, un par un. Une autre lectrice du carnet, sur ce qu'elle avait déjà essayé : « Me persuader que ce n'était que de la fatigue passagère. Me juger, être plus exigeante avec moi, encore plus cadrer mon organisation pour que tout tienne, passe, se fasse. »
Faire votre propre liste
Avant votre prochain rendez-vous, avec moi ou ailleurs, prenez une page et notez, sans trier :
- Tout ce qui a changé, du corps à l'humeur, même ce qui vous semble sans rapport.
- Depuis quand, même approximativement.
- Ce que vous avez déjà essayé, et ce que ça a donné.
- Ce qui revient avec le cycle, si vous avez encore des règles. Le relevé sur trois cycles, dans l'article sur le SPM, sert à ça.
Une page comme celle-là change la conversation. Elle montre en une fois ce que plusieurs rendez-vous séparés ne montrent pas.
→ SPM en périménopause : ce qui revient chaque mois
Ce qu'on en fait ensemble, en consultation
En consultation, on pose les morceaux côte à côte : la tête, le cœur, le corps, l'énergie, en même temps, parce qu'ils ne fonctionnent jamais séparément.
Puis on cherche le fil. Ce qui revient avec le cycle. Ce qui est là depuis toujours. Ce que la fatigue de tenir ajoute à tout le reste.
Et on travaille sur ce fil, au quotidien : le système nerveux, le sommeil et les rythmes, l'assiette et ce que l'Ayurveda dit de votre terrain, les émotions, les stimulations extérieures. Ce sont des pistes d'hygiène de vie et de régulation, ajustées à chaque personne, pas des recettes.
Ce qu'on fait avec le médecin
Le médecin pose le diagnostic, décide des examens utiles et d'un traitement, hormonal ou autre, quand il est indiqué. Votre liste l'aide aussi. Ce travail vient en complément de ce suivi, jamais à sa place.
Et derrière la compensation
Vous avez toujours tenu. Et depuis que vos hormones bougent, ce qui tenait lâche, et vous ne vous reconnaissez plus. Ce n'est pas vous qui lâchez : c'est une compensation tenue depuis toujours, que vos hormones ne garantissent plus. Et derrière elle, parfois, un TDAH, un TSA ou un haut potentiel HPI que personne n'avait vu, pas même vous. J'appelle ça la dette d'adaptation. Je lis les deux dans cet ordre : les hormones d'abord, avec le médecin. Le quotidien, et ce qui reste ensuite, avec moi.
Un fonctionnement neuroatypique, s'il y en a un, reste une hypothèse à regarder, jamais une conclusion :
→ L'exploration des fonctionnements neuroatypiques
Pour commencer
Le carnet des femmes qui ont toujours tenu pose justement ces questions : ce qui a changé, depuis quand, ce que vous avez déjà essayé. Il est offert, moins de 10 minutes.
Pour tout ce que j'accompagne autour de cette période :
Et si cet article vous fait penser à une amie qui raconte sa vie en morceaux, envoyez-le-lui.
Sources
Barth C., Villringer A., Sacher J., Frontiers in Neuroscience, 2015. https://doi.org/10.3389/fnins.2015.00037
Prenez soin de vous,
Amélie
Cet article ne remplace pas un avis médical.

