SPM en périménopause : ce qui revient chaque mois

Vous avez pris rendez-vous pour parler de ces jours où rien ne va. Et le jour venu, vous allez bien, et les mots ne viennent pas. Le syndrome prémenstruel en périménopause a ceci de particulier : il revient chaque mois, mais il ne se voit jamais le jour où l'on en parle. Voici ce que le cycle change à ce moment de la vie, comment le relever vous-même, et ce qu'on en fait ensemble, en consultation.

Pourquoi on ne le voit pas soi-même

Le jour où l'on va bien, la mauvaise semaine paraît lointaine, presque inventée. Le jour où l'on va mal, on a l'impression que ça a toujours été comme ça.

Les bons jours font douter. Si ça va mardi, c'est que lundi, ce n'était peut-être pas grand-chose. Voire, ce n'était rien.

Et un rendez-vous ne dure qu'un moment : quinze minutes chez un généraliste, trente au mieux chez un psychiatre, une heure chez moi. Aucun de ces rendez-vous ne voit un mois entier. Vous non plus, de l'intérieur. C'est pour cela qu'un relevé change la conversation. Mais d'abord, pourquoi ces jours-là changent.

Pourquoi le SPM s'aggrave en périménopause

Le cycle a deux moitiés. La première, des règles à l'ovulation, est portée par l'œstradiol. La seconde, de l'ovulation aux règles suivantes, est portée par la progestérone.

En périménopause, l'ovulation devient moins régulière. La progestérone baisse souvent la première, alors que l'œstradiol peut rester normal, voire monter par à-coups (Prior et Hitchcock, 2011). Pendant la transition, l'œstradiol varie beaucoup d'un cycle à l'autre, et ne baisse vraiment de façon durable que tard (Butler et Santoro, 2011).

Ce ne sont pas des hormones qui descendent en pente douce. Ce sont des montagnes russes.

Or ces hormones agissent dans les régions du cerveau qui règlent l'humeur, la mémoire et le sommeil (Barth et coll., 2015). C'est pourquoi les jours qui précèdent les règles peuvent devenir plus lourds qu'avant : l'irritabilité, les larmes, les nuits hachées, le brouillard. Un syndrome prémenstruel qui n'a plus grand-chose à voir avec celui que vous connaissiez.

Le détail du cycle qui raccourcit est dans un autre article :

→ Périménopause et cycle court : ce qui se passe vraiment

Le relevé du cycle : une minute par soir, trois cycles

Vous n'avez besoin que d'une page.

  • Une ligne par jour, une colonne par cycle, trois colonnes en tout.
  • Chaque soir, une note de 1 à 5 sur votre journée.
  • Un mot si vous voulez : irritable, larmes, nuit hachée, brouillard, tout va bien.
  • Une croix le premier jour des règles.

Au bout de trois cycles, posez les trois colonnes côte à côte. Si les mauvaises notes tombent toujours au même endroit, par exemple dans les dix jours qui précèdent les règles, ce n'est pas votre caractère. C'est une information.

Si vous n'avez plus de cycles réguliers, le relevé garde son sens : notez quand même, jour après jour. Ce qui revient se voit aussi sans calendrier régulier.

Grille Mon relevé sur trois cycles : une ligne par jour, une colonne par cycle, une note de 1 à 5 et un mot

→ Télécharger la grille en PDF, à imprimer

Ce qu'on en fait ensemble, en consultation

Ce relevé, vous l'apportez au rendez-vous, chez votre gynécologue ou chez moi. Le jour où vous allez bien, c'est lui qui parle.

En consultation, il est un point de départ. On le lit ensemble : où tombent les mauvais jours, ce qui les alourdit, ce qui les adoucit. Puis on construit autour de ces jours-là, au lieu de les subir.

  • Le rythme : alléger l'agenda ces jours-là, ne pas y placer les grandes décisions ni les conversations difficiles.
  • Le sommeil et l'assiette : protéger les nuits, garder des repas réguliers, regarder ce que l'Ayurveda dit de votre terrain et de vos rythmes.
  • Le système nerveux : apprendre à le faire redescendre avant que ça déborde, plutôt qu'après.
  • Les émotions : comprendre ce qu'elles disent, au lieu de vous reprocher de les ressentir.
  • Les stimulations extérieures : le bruit, les sollicitations, les journées trop pleines ; apprendre à les doser ces jours-là.

Ce sont des pistes d'hygiène de vie et de régulation, ajustées à chaque personne, pas des recettes.

Ce qu'on fait avec le médecin

Le médecin pose le diagnostic et décide d'un traitement, hormonal ou autre, quand il est indiqué. Votre relevé l'aide aussi, parce qu'il montre en une page ce qu'une conversation ne peut pas résumer. Ce travail vient en complément de ce suivi, jamais à sa place : c'est ce qui se fait au quotidien, entre les rendez-vous.

Et si ce n'était pas qu'une question de cycle ?

Parfois, le relevé raconte autre chose. Des mauvais jours qui suivent le cycle, et d'autres qui ne suivent rien, présents depuis toujours : la fatigue après une journée pourtant ordinaire, les listes qui ne suffisent plus.

Une étude britannique, menée en ligne auprès de jeunes femmes, suggère que les symptômes prémenstruels très marqués seraient plus fréquents chez celles qui ont un TDAH (Broughton et coll., British Journal of Psychiatry, 2025). Ce sont des réponses à un questionnaire, sans examen par un clinicien, et l'étude ne porte pas sur la périménopause.

Vous avez toujours tenu. Et depuis que vos hormones bougent, ce qui tenait lâche, et vous ne vous reconnaissez plus. Ce n'est pas vous qui lâchez : c'est une compensation tenue depuis toujours, que vos hormones ne garantissent plus. Et derrière elle, parfois, un TDAH, un TSA ou un haut potentiel HPI que personne n'avait vu, pas même vous. J'appelle ça la dette d'adaptation. Je lis les deux dans cet ordre : les hormones d'abord, avec le médecin. Le quotidien, et ce qui reste ensuite, avec moi.

Un fonctionnement neuroatypique, s'il y en a un, reste une hypothèse à regarder, jamais une conclusion :

→ L'exploration des fonctionnements neuroatypiques

→ TDAH et hormones chez la femme : ce que disent les études

Pour commencer

Si vous voulez d'abord mettre des mots sur ce qui a changé, le carnet des femmes qui ont toujours tenu est offert. Moins de 10 minutes.

→ Recevoir le carnet

Pour tout ce que j'accompagne autour de cette période :

→ Périménopause et ménopause

Et si cet article vous fait penser à une amie, envoyez-le-lui.

Sources

Prior J. C., Hitchcock C. L., Frontiers in Bioscience (Scholar Edition), 2011;3:474-486.

Butler L., Santoro N., Steroids, 2011. PMC3100375.

Barth C., Villringer A., Sacher J., Frontiers in Neuroscience, 2015. https://doi.org/10.3389/fnins.2015.00037

Broughton T., Lambert E., Wertz J., Agnew-Blais J., British Journal of Psychiatry, 2025;226(6):410-417 (Royaume-Uni). https://doi.org/10.1192/bjp.2025.104

Prenez soin de vous,

Amélie

Cet article ne remplace pas un avis médical.


Articles similaires