Dépression et périménopause : deux semaines par mois
Deux semaines par mois, je ne me reconnaissais plus. La première psychiatre que j'ai vue y a vu une dépression, et la réponse était un antidépresseur. C'était une dépression périménopausique, et sous elle, une compensation que je tenais depuis toujours et qui ne tenait plus.
La première psychiatre que j'ai rencontrée voulait absolument que je sois dépressive.
J'avais beau lui expliquer que ce n'était que deux semaines par mois, et que les deux autres semaines, tout allait bien. Elle n'en démordait pas. Pour elle, c'était une dépression. Et la réponse, un antidépresseur.
Ce que je mettais sur le compte de la vie
Des humeurs en zigzag, du haut puis du bas, sans raison. Une irritabilité que je ne comprenais pas, et qui retombait sur ceux que j'aime le plus. Des micro-réveils, des insomnies de 3 h à 6 h du matin, et même après une bonne nuit, je ne me réveillais jamais reposée. Une fatigue de fond. Le bruit, que je supportais de moins en moins. Et moi qui n'oubliais jamais rien, j'oubliais.
Puis ces semaines grises, en périménopause, où j'étouffais doucement dans une vie que j'avais pourtant choisie, et où tout allait bien à l'extérieur. Et quelques jours après, tout rentrait dans l'ordre, comme si de rien n'était. Je me retrouvais enfin.
J'avais toutes les raisons d'être à bout. Depuis cinq ans, les choses s'accumulent : le décès de mon père et la succession, un très gros accident cardiaque de ma mère, les enfants qui grandissent, le cabinet, la charge mentale. À plein de moments, je me suis crue en pré-burn-out.
Mes hormones ? J'accompagne des femmes sur ce sujet depuis des années. Je n'y ai pas pensé en premier.
Périménopause : quand j'y ai pensé
J'y suis venue avec le temps.
Jusque-là, je tenais avec mes outils : le souffle, l'alimentation, l'hygiène de vie, la méditation, tout ce que j'utilise pour réguler le système nerveux. C'est grâce à eux que j'ai tenu aussi longtemps. Mais je n'étais toujours pas moi, et deux semaines par mois restaient plus difficiles.
Il y a environ un an, j'ai commencé un traitement d'hormones bioidentiques, avec un suivi médical. Il a vraiment apporté une amélioration. Et malgré ça, ces semaines-là revenaient.
Le jour où j'ai eu peur
Puis des stress extérieurs se sont ajoutés. Je maîtrisais de moins en moins mes réactions. En juin, je ne me reconnaissais plus, et ça m'a fait peur.
Peur, surtout, de faire exploser ce qui m'est le plus précieux : mon couple, ma famille, ma relation avec mes filles. Et malgré tous mes outils, je n'y arrivais plus.
C'est là qu'une question s'est posée : et si c'était un TDAH ? Je suis formée à l'exploration des fonctionnements neuroatypiques. Je sais qu'on peut avoir un fonctionnement neurodéveloppemental, le compenser et le masquer toute une vie, sans cocher aucun des critères évidents sur le papier. Il y avait de grandes chances que ce soit mon cas : un TDAH et un HPI depuis toujours, que je compensais, et qui avaient tenu jusque-là. Là, ça ne tenait plus.
Sans ce savoir, je ne serais jamais allée voir une psychiatre. Et c'est là que j'ai entendu le mot dépression.
Périménopause et dépression : ce que c'était vraiment
Ce n'était pas une dépression comme on l'imagine. C'était une dépression périménopausique. Des recommandations médicales la décrivent : les symptômes d'une dépression, liés à l'instabilité des hormones.
C'est pour ça que les deux autres semaines, tout allait bien. Et c'est pour ça qu'on ne se reconnaît pas dedans, et qu'on ne pense pas à la chercher : on se dit que ce n'est pas une vraie dépression, puisque ça passe.
Chez moi, cette périménopause faisait tomber, mois après mois, une compensation que je tenais depuis toujours.
Mon cycle était soutenu, mais pas encore assez. Et mon TDAH, mon HPI ne se laissaient plus contenir. Tout ce que je compensais depuis des années se payait d'un coup. C'est ce que j'appelle la dette d'adaptation. Ce n'était pas moi qui lâchais : c'était la dette qui était appelée.
J'ai changé de psychiatre. La deuxième m'a écoutée, et a posé le diagnostic : un TDAH, et un haut potentiel HPI.
Mes hormones ont ensuite été restabilisées en tenant compte de ce fonctionnement. J'ai enfin pris en charge cette partie-là. J'ai pu apporter des études à la médecin qui me suit, et ensemble, nous avons ajusté le traitement.
Antidépresseur en périménopause : si vous vous reconnaissez
Ce lien n'est pas encore connu de tous. Ce n'est pas un reproche : depuis, j'ai rencontré des psychiatres très compétents sur ces sujets. Mais au cabinet, des femmes me racontent la même scène. Elles décrivent ce qui revient chaque mois, et on leur répond antidépresseur. Et changer de médecin quand on est à bout demande une énergie qu'elles n'ont plus.
Je ne suis pas contre les antidépresseurs. Parfois, ils sont indispensables. Pour moi, ce n'était juste pas le bon traitement.
Si vous en prenez un et que vous avez l'impression qu'il n'agit pas tant que ça, c'est un signal à prendre au sérieux. Pas pour l'arrêter : pour en parler avec votre médecin, et vous demander ensemble si tout a été regardé.
C'est pour ces femmes-là que je fais ce travail. Celles qui ont tenu pendant des années, et à qui l'on répond dépression le jour où leurs hormones font tomber ce qu'elles compensaient. Je regarde au même endroit les hormones et ce qu'on compense sans le savoir. Là où le médecin n'est pas, et avec lui.
Est-ce qu'il y a, chaque mois, des jours où vous ne vous reconnaissez plus, toujours au même moment ? Vous n'y aviez peut-être jamais prêté attention. Regardez le mois qui vient.
TDAH et périménopause : une hypothèse à poser
Des semaines qui reviennent au même moment du cycle, une irritabilité qu'on ne reconnaît pas, des outils qui ne suffisent plus : chez certaines femmes, ces signes pourraient raconter plus que la périménopause seule.
Derrière, il pourrait parfois y avoir un fonctionnement neuroatypique jamais identifié, un TDAH ou un TSA, que des années de compensation auraient rendu invisible. Ce n'est qu'une hypothèse : elle ne se tranche ni sur un article ni seule, et c'est au médecin de la poser.
Pour aller plus loin : Périménopause et cycle court : ce qui se passe vraiment et TDAH et périménopause : peut-il apparaître à l'âge adulte ?
Par où commencer
Une première porte, plus légère. Vous ne savez pas encore si ces semaines-là vous concernent ? Commencez par le carnet des femmes qui ont toujours tenu. Moins de 10 minutes pour mettre des mots sur ce qui a changé : Recevoir le carnet.
L'accompagnement. L'exploration des fonctionnements neuroatypiques, au cabinet à Paris 16 ou en visio.
La suite. Écouter le podcast L'Instant Innessence®.
Prenez soin de vous,
Amélie
Cet article ne remplace pas un avis médical.

