Perfectionnisme ou compensation : l’histoire du marchepied
Perfectionnisme ou compensation ? Se lever avant tout le monde, tout anticiper, vérifier puis revérifier : ce n’est pas un trait de caractère. C’est un marchepied qu’on reconstruit chaque matin, et la périménopause peut le retirer.
Mes beaux-parents ont racheté une maison à des Suédois.
Dans la cuisine, tout est trop haut. Le plan de travail, l’évier, les étagères.
Ma belle-mère et moi faisons un mètre soixante toutes les deux. Alors on a construit un marchepied devant l’évier.
Le problème est réglé. Quand on fait la vaisselle, personne ne voit rien.
Et le lendemain matin, le marchepied est toujours là.
Le marchepied qu’on reconstruit chaque matin
C’est exactement ce qu’une femme qui compense n’a pas.
Son marchepied à elle n’est jamais là au réveil. Elle le reconstruit chaque matin, et elle recommence le lendemain.
Ce n’est pas de monter dessus qui épuise. C’est de le rebâtir tous les jours.
Se lever avant tout le monde pour avoir enfin du calme. Être plus préparée que nécessaire, et l’être encore un peu plus. Vérifier, puis revérifier, parce que ne pas le faire, c’est prendre le risque que tout s’écroule. Accepter le bruit puisque tout le monde y arrive. Récupérer le week-end de ce que la semaine a coûté, et appeler cela du repos.
Ce n’est pas du perfectionnisme
On appelle ça du perfectionnisme. Ce n’en est pas.
C’est ce qu’on fait quand on n’a pas de marche.
C’est ce que j’appelle la dette d’adaptation.
Périménopause : quand le marchepied disparaît
Et cela explique une chose que je vois tout le temps, et que personne n’explique jamais. Deux femmes du même âge entrent en périménopause au même moment. La première le remarque à peine. La seconde ne se reconnaît plus.
On met cela sur le compte de la chance, ou du caractère.
Ce n’est ni l’un ni l’autre. L’une avait une cuisine à sa taille. L’autre reconstruisait sa marche depuis des décennies.
Alors le jour où les hormones retirent le marchepied, ce n’est pas elle qui lâche. C’est la dette qui est appelée.
J’ai écrit un article entier sur ce que cela change, concrètement, entre deux femmes du même âge.
→ Lire l’article : Périménopause, pourquoi certaines femmes la vivent si fort
Et si votre marchepied cachait un fonctionnement ?
Chez certaines femmes que j’accompagne, ce marchepied reconstruit chaque matin pourrait tenir à un fonctionnement neuroatypique, TDAH, TSA ou haut potentiel HPI, compensé depuis des décennies sans le savoir. Compenser demande de l’énergie, tous les jours. Avec la périménopause, quand les hormones fluctuent, cette dépense pourrait devenir plus lourde encore.
Ce n’est qu’une piste. Le diagnostic relève du médecin. Mon travail, c’est le quotidien : le rythme, le souffle, la régulation du système nerveux. C’est l’objet de l’exploration des fonctionnements neuroatypiques de l’adulte.
Si cette histoire vous a fait penser à quelqu’un, envoyez-la lui. Elle comprendra sans que vous ayez à expliquer.
Et une dernière chose. Une dette, ça se regarde. Il suffit de savoir où.
Pour commencer à regarder la vôtre, je vous offre le carnet des femmes qui ont toujours tenu. Il ne vous dira pas ce que vous avez. Il vous aide à mettre des mots sur ce qui a changé. Recevoir le carnet
Prenez soin de vous,
Amélie
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